Cette année encore, le budget pour l’agriculture fait face à une baisse de crédit conséquente, de 11,6 % par rapport à 2025.
L’agriculture paye le prix fort pour 8 années de cadeaux fiscaux aux plus aisés et aux grands groupes.
Mais surtout, nous constatons cette année encore l’offensive claire faite contre tous les soutiens dédiés à la transition agroécologique :
Sur deux ans, le soutien à la transition agroécologique connait une baisse de -90 %. Une baisse dans de telles proportions est intolérable.
Pour aller plus dans le détail : dans ces coupes massives, les MAEC perdent la moitié de leurs financements, soit 45 millions d’euros, ce qui compromet de nombreux contrats engagés cette année.
Le Gouvernement renonce à toute stratégie de diminution de l’usage des pesticides, avec une diminution de 84%, au moment où le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides enregistre un nombre record de signalements, et où plus de 2 millions de français se mobilisent contre une proposition de loi pro-pesticides. C’est inacceptable !
Sur la bio, nous avons également dénoncé l’absence de mesure nouvelle pour son soutien ou même atteindre l’objectif de 18 % de la SAU en bio en 2027, comme inscrit dans la LOA.
Le budget de l’Agence bio est divisé par 2 (baisse de 14M€), alors que les éleveurs et les agriculteurs en bio ont plus que jamais besoin de conforter la fragile reprise de la consommation.
Nous avons fortement déploré l’abandon du soutien de l’État aux projets alimentaires territoriaux (PAT), alors que les collectivités ont su se saisir de ce dispositif au cours des dernières années, en témoignent les 450 PAT recensés en juillet 2025. Nous avons fait adopter un amendement visant à augmenter leur enveloppe de 10M€, espérant que cette avancée soit maintenue à l’issue des discussions budgétaires.
Nous aurions pu espérer la sanctuarisation de quelques lignes essentielles pour l’appui au renouvellement et à la modernisation des exploitations agricoles – je pense en particulier aux aides du programme d’accompagnement à l’installation et la transmission en agriculture (AITA), mais même là, le compte n’y est pas.
C’est pourquoi, lors de la discussion générale, j’ai interpellé Mme Genevard : Comment le Gouvernement compte -il atteindre l’objectif de 500 000 exploitants agricoles à l’horizon 2035 ?
Sur l’urgence sanitaire pour l’élevage : la seule ligne budgétaire qui connaisse une légère augmentation d’un montant de 40 M€. Nous pourrions nous en réjouir, mais elle reste largement insuffisante alors que la gestion humaine et sanitaire brutale vis-à-vis de la Dermatose Nodulaire a des conséquences parfois dramatiques pour les éleveurs.
Si nous saluons le dispositif d’exonération fiscale des indemnités d’abattage, il faut en parallèle des réponses structurelles et un vrai programme de recherche sur l’origine profonde de ces maladies, alors que de nouveaux epizooties sont à nos portes.
A rebours de ce PLF d’austérité, j’ai porté comme chaque année des propositions pour défendre notre vision de l’agriculture, pour la transition agroécologique, pour un revenu juste et digne, et des paysans nombreux.
Les principaux axes de mes amendements sont de :
➡️ Répondre à l’urgence sanitaire en élevage et investir dans la recherche
➡️ Soutenir les paysan.nes engagé.e.s dans la transition agroécologique (soutien aux MAEC, au « Plan Haies », aux PAT, augmentation du plafond du CASDAR…)
➡️ Renforcer le financement de l’enseignement agricole public
➡️ Augmenter les moyens d’opérateurs essentiels (ONF, ANSES, Agence Bio) dont les financements sont gelés voir fortement réduits
➡️ Maintenir le budget destiné à l’aide à la relance des exploitations
➡️ Augmenter les crédits alloués au programme d’Aide à l’installation-transmission en agriculture (AITA).
Seuls quelques amendements ont été adoptés :
– celui visant à revenir sur la suppression de 72 ETP au sein de l’ONF et permettre ainsi à l’Office de mener à bien ses missions.
– un amendement de mon collègue Jean-Claude Tissot visant à augmenter les crédits dédiés au « Plan haies » à la hauteur des engagements pris par le Gouvernement, soit 110M d’euros. Il est à craindre qu’il ne survive pas à l’issue des discussions budgétaires.
– et un amendement renforçant le soutien de l’État aux projets alimentaires territoriaux (+10M€)
Mais ces quelques avancées, si elles sont maintenues, sont bien insuffisantes.
Face à une majorité LR enfermée dans une vision toujours plus productiviste de l’agriculture,
Face à un texte qui n’apporte aucune solution aux problématiques des revenus agricoles, de transmission et de reprise des exploitations, encore moins engagé en matière environnementale que les précédents, nous avons bien évidemment voté contre ce budget.
Les contraintes budgétaires ne justifient pas cet abandon complet des agriculteurs engagés dans des pratiques vertueuses.
Le texte ayant été rejeté en commission mixte paritaire, la navette parlementaire n’est pas terminée. Nous seront vigilants pour maintenir les quelques victoires obtenues, et tenter de limiter le plus possible les graves régressions que contient ce budget.