Mardi 24 février, un débat avait lieu en séance publique sur la future Politique Agricole Commune (PAC), prévue pour 2028, actuellement en cours d’élaboration. L’occasion de mettre en avant les propositions des écologistes pour une nouvelle approche de la PAC.
La Politique Agricole Commune est l’outil budgétaire et politique qui doit orienter la stratégie agricole de toute l’Union Européenne. Nous défendrons toujours une PAC plus juste, plus durable, au service du commun.
La PAC actuelle est devenue avec le temps une politique de modernisation et d’industrialisation de la production de notre alimentation, non sans impacts sur l’environnement et les structures agricoles. Malgré l’enchaînement des réformes, la PAC actuelle fragilise toujours plus notre système alimentaire.
Et les récents reculs sur la conditionnalité environnementale confirment le manque de volonté des institutions européennes d’infléchir cette trajectoire néfaste.
La réforme du budget européen 2028–2034 ouvre ainsi une séquence décisive pour l’avenir de l’agriculture européenne et doit être l’occasion de repenser la distribution des aides, de soutenir le revenu des agriculteur·rices et bien sûr de renforcer les pratiques agroécologiques.
Mais ce n’est malheureusement pas la direction que souhaite prendre la Commission européenne.
L’un des points centraux de cette nouvelle PAC que la Commission propose est d’intégrer la PAC au sein d’un fonds unique de gestion partagée distribué aux États membres via des Plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR). Nous nous y opposons frontalement : Un véritable budget européen ne peut être réduit au plus petit dénominateur commun des préférences nationales.
L’agriculture doit rester une politique européenne commune, avec un cadre protecteur, lisible et harmonisé, garantissant des règles comparables pour les agriculteurs.
Le nouveau monde qui se dessine impose de remettre la PAC, en tant que première politique structurante de l’Union européenne, sur le chemin de la souveraineté alimentaire.
La clef réside dans une juste répartition de la production alimentaire et dans le fait d’en assurer l’accès physique mais aussi économique, pour garantir une alimentation de qualité pour toutes et tous. Elle réside aussi dans le soutien aux modèles de production résilients, moins dépendants aux intrants, qui préservent et restaurent les écosystèmes agricoles et qui rémunèrent de manière juste celles et ceux qui les mettent en oeuvre.
Par ailleurs, l’une des priorités de la PAC post-2027 doit être de redéfinir les critères d’éligibilité aux aides afin de garantir qu’elles bénéficient uniquement aux personnes physiques exerçant réellement une activité agricole. Notre priorité absolue est de réorienter les soutiens vers celles et ceux qui font vivre l’agriculture.
Il est impératif de construire une PAC forte, qui oriente les États membres vers le « plus-disant » en matière sociale, écologique et agricole, après des années de « simplification » qui ont affaiblie nos exigences et nos objectifs.
Je resterai vigilant dans les mois à venir sur l’architecture que prendra cette future PAC.
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