Lors de la séance des questions au gouvernement de ce mercredi 21 janvier 2026, j’ai interpellé le Gouvernement sur la décision du Premier ministre de suspendre les décisions locales en matière de politique de l’eau, entraînant par conséquent l’arrêt brutal des travaux du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) du bassin de la Vilaine.
Cette décision constitue un recul environnemental majeur et un renoncement politique grave, au mépris de la démocratie locale et de l’intérêt général.
Pendant quatre ans, la Commission locale de l’eau a mené un travail de concertation approfondi, associant collectivités, agriculteurs, associations, services de l’État et citoyens. Ce processus démocratique exigeant a permis de construire un projet de SAGE juridiquement solide, partagé et fondé sur les données scientifiques disponibles, répondant à l’urgence de la protection de la ressource en eau.
Le SAGE Vilaine porte des mesures concrètes et nécessaires : réduction de l’usage des pesticides pour protéger la qualité de l’eau et la santé publique, renforcement de la protection des milieux naturels, limitation des prélèvements pour garantir une gestion durable de la ressource. Il prévoit notamment l’interdiction des pesticides sur les parcelles de maïs situées sur les captages prioritaires, avec une mise en œuvre progressive et responsable.
En suspendant l’ensemble des travaux de la Commission locale de l’eau, le Premier ministre a choisi de désavouer les instances légales de gouvernance de l’eau et d’abandonner des objectifs environnementaux pourtant inscrits dans la loi. Ce choix politique envoie un message clair : face aux pressions de groupes minoritaires, le gouvernement recule et renonce à faire respecter l’État de droit.
Retrouvez l’intégralité de ma question en vidéo :
« Ce moratoire est une capitulation : il court-circuite les territoires, piétine quatre années de concertation et enterre des objectifs environnementaux pourtant indispensables ».
La mobilisation du 17 janvier 2026 à Rennes, rassemblant plusieurs milliers de personnes, témoigne de l’ampleur de l’incompréhension et de la colère.


L’abandon du SAGE Vilaine constituerait un contresens historique, une faute politique majeure et une atteinte grave à la démocratie.
La réponse du Gouvernement, par la voix du ministre Mathieu Lefevre, n’a apporté aucune garantie sur le rétablissement des objectifs environnementaux. En invoquant un nouveau cycle de concertation, l’exécutif joue la montre et tente de masquer un renoncement politique, alors même que le dialogue est engagé depuis plus de quatre ans.
Retrouver l’intégralité de l’échange ici.