Comme chaque année, j’ai eu le plaisir de me rendre au Salon International de l’Agriculture. Durant ces deux journées, j’ai rencontré de nombreux acteurs du monde agricole et échangé sur des enjeux essentiels pour l’avenir du secteur.
J’ai d’abord accompagné la délégation des Écologistes aux côtés notamment de Marine Tondelier, Benoît Biteau et Marie Pochon. Ensemble, nous avons échangé avec les représentants de l’initiative « C’est qui le patron ? », qui permet aux consommateurs de définir les critères des produits qu’ils souhaitent acheter, tout en garantissant une juste rémunération aux agriculteurs qui les produisent.

Nous avons ensuite rencontré les défenseurs des races locales menacées, notamment l’Union locale Pie Noire de Bretagne et l’Association des Paysans Producteurs de Gwell, engagées dans la préservation de notre patrimoine agricole.

L’après-midi a été marqué par des échanges avec la Confédération Paysanne. De nombreux sujets cruciaux ont été abordés : sortie du libre-échange, instauration de prix planchers, interdiction des surmarges abusives de la grande distribution, renforcement du soutien public à la transition agroécologique, à l’élevage paysan herbager, à l’agriculture biologique et à une PAC plus équitable.

En toute logique, nous avons également tenu à apporter notre soutien à l’Agence Bio, acteur clé du développement de l’agriculture biologique en France. Alors qu’un amendement au projet de loi de finances 2025 avait décidé de sa suppression (heureusement écarté en commission mixte paritaire), il est essentiel de rappeler son rôle fondamental depuis plus de 20 ans dans le développement des filières bio et la promotion du label auprès du grand public.

Enfin, nous nous sommes rendus au stand de la SAFER, qui joue un rôle clé dans la gestion et la régulation du foncier rural en France. Nous avons pu aborder avec ses représentants la nécessité de protéger les terres agricoles, de soutenir l’installation des agriculteurs et de favoriser un aménagement équilibré des territoires ruraux.
Pour ma deuxième journée au Salon de l’Agriculture, j’étais accompagné de Guillaume Gontard et Ghislaine Senée, collègues sénateurs du groupe écologiste pour aller à la rencontre de plusieurs acteurs du secteur.
Nous avons débuté nos échanges avec les producteurs de miel Famille Michaud, en abordant la nécessité de professionnaliser l’apiculture. Un enjeu essentiel pour assurer la pérennité du secteur, améliorer la qualité des produits et garantir une meilleure gestion des ressources.

Au stand d’INTERFEL, l’interprofession des fruits et légumes frais, nous avons eu des discussions riches sur des sujets clés : la production biologique, les contraintes liées à l’interdiction des contenants plastiques et la baisse préoccupante de la consommation de fruits et légumes frais.

Nous avons ensuite rencontré des représentants de Terre de Liens, qui nous ont présenté les conclusions de leur rapport sur la souveraineté alimentaire. Leur constat est alarmant : une agriculture de plus en plus dépendante des intrants importés, un modèle tourné vers la production de masse pour l’exportation, et une France qui double ses importations en 20 ans pour assurer son approvisionnement.

Après un passage au stand d’AgroParisTech, où les étudiants nous ont exposé leurs travaux sur la nutrition et la végétalisation de l’alimentation, nous avons échangé avec Benoît Vallet, directeur général de l’ANSES. Son agence joue un rôle crucial dans l’évaluation des risques sanitaires, la production de connaissances scientifiques et le conseil aux autorités. Nous avons abordé le contexte politique actuel, notamment les pressions et attaques dont l’ANSES est la cible de la part des syndicats agricoles majoritaires et de la droite.

Pour clôturer ces deux jours au Salon, j’ai eu le plaisir d’assister à l’inauguration de l’exposition sur le Gwell, à la Maison de la Bretagne.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement et la droite attaquent les agences environnementales et promeuvent, à travers la Loi d’Orientation Agricole (LOA), un modèle destructeur pour l’agriculture. Cette loi ne répond en rien aux défis majeurs des agriculteurs : rémunération, accès au foncier, adaptation au changement climatique, réglementation et accords de libre-échange. Pire encore, elle risque d’accélérer la disparition des fermes.
Face à cela, nous, Écologistes, défendons une agriculture durable et rémunératrice, privilégiant les circuits courts et la bio. Nous soutenons celles et ceux qui œuvrent pour la sécurité alimentaire et un modèle agricole plus vertueux. Nous nous battons pour l’application de la loi Egalim et portons des solutions concrètes via nos élus : protection des haies, paiements pour services environnementaux, soutien aux éco-régimes et à l’installation.
L’écologie est essentielle pour préserver l’agriculture, notre santé et notre pouvoir d’achat.












Photos : Magot L’Hermitte, Equipe Daniel Salmon