Le début de l’année 2025 a été le théâtre de nombreuses remises en cause de l’agriculture biologique : réintroduction des néonicotinoïdes par la loi Duplomb adoptée au Sénat, remise en cause de l’indépendance de l’Anses, l’assouplissement de la pulvérisation de pesticides par drone, ou encore le vote du Sénat en faveur de la suppression de l’Agence BIO lors du projet de loi de finances 2025 (fort heureusement pas maintenu dans le texte final), etc.

A l’heure où les agriculteurs et agricultrices sont en proie à des difficultés financières croissantes et alors que la part du bio dans les achats alimentaires des Français·es recule depuis la fin de la pandémie, l’avenir de l’agriculture biologique interroge. Dans ces conditions, ce mode de production peut-il devenir le modèle agricole de demain ?

Pour répondre à cet enjeu, avec mon collègue sénateur Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, avec la participation de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), nous avons organisé ce colloque “Agriculture biologique, le modèle agricole de demain ?” que vous pouvez retrouvez en vidéo ci-dessous

Entre la loi d’orientation agricole terminant son examen au Sénat, et le Salon de l’Agriculture, le calendrier nous paraissait particulièrement adéquat pour intervenir sur ce sujet.

Table-ronde n°1 : Quels leviers pour faire de l’agriculture biologique le modèle de production de demain ?

  • Christian Huygue, président groupe de travail bio contrôle de l’INRAE
  • Aurélie Catallo ,directrice agriculture France de l’IDDRI
  • Olivier Chaloche, céréalier bio dans le Loiret, membre du bureau de la FNAB
  • Sophie Tabary, éleveuse, présidente de Bio en Hauts de France

Pour cette table ronde nous avons voulu nous projeter sur la problématique de la productivité et apporter des réponses à la principale critique formulée contre la Bio : l’insuffisance supposée de ses rendements et sa capacité à nourrir l’humanité. Nous connaissons les zones de force de la bio : maraichage, polycutlure-élevage, viticulture, petites exploitations bien implantées dans leur territoire et vendant en circuit-court, etc. Nous n’en avons pas ou peu parlé.

L’objectif de la table ronde étant notamment de s’attarder sur l’enjeu productivité de l’agriculture biologique et l’enjeu de la conversion des grandes cultures qui était l’objectif de l’actuelle PAC.

Nous y avons évoqué l’avenir des produits phytosanitaires dans l’agriculture en général et la nécessité économique de nous en passer.

Nous y avons envisagé les enjeux de bouclage de cycles, de fertilisation en bio des grandes cultures, de transition de territoires extrêmement spécialisés.

Nous avons enfin touché un mot des leviers, notamment le soutien public et la politique agricole commune.

Table ronde n°2 : Les territoires au cœur de la transition agroécologique

  • Michel Demolder, président de la Collectivité Eau du Bassin Rennais, pour l’initiative « Terres de Sources »
  • Mathilde Roussel, vice-présidente en charge du Projet Alimentaire de Territoire, de l’Agriculture péri-urbaine et des circuits-courts alimentaires pour la Communauté d’agglomération de la Rochelle
  • Gilles Pérole, maire adjoint de la ville de Mouans-Sartoux
  • Jean-Luc Hallé, vice-président de Douaisis Agglo

L’après-midi, nous avons tenu une 2e table-ronde consacrée à l’action des territoires pour favoriser la transition écologique.

Des perspectives réjouissantes, loin de la morosité sénatoriale et nationale, pour évoquer la protection de notre eau, de nos zones de captage grâce à la conversion des pratiques agricoles ou l’implantation de producteurs en bio.

Nous y avons évoqué également les efforts pour faire évoluer la restauration collective vers le maximum d’utilisation de produits biologique, voire vers le 100 %

Nous avons envisagé les bénéfices du bio, « les externalités positives » en bon jargon et la nécessité de les rémunérer pour les massifier grâce notamment au Paiement pour service environnementaux.

Table-ronde n°3 : Comment démocratiser l’accès aux produits biologiques ?

  • Pascale Hebel, Directrice associée chez C-Ways,
  • Jean Verdier, président de l’Agence Bio
  • Christelle le Hir, présidente du Directoire de La Vie claire
  • Christophe Barnouin, PDG d’Ecotone

Avec cette dernière table ronde, nous avons essayé de comprendre la dynamique de marché derrière la consommation de produits bio et tracer des pistes de solutions pour que la Bio ne soit plus un acte d’achat occasionnel mais bien un réflexe du quotidien.

Nous y avons évoqué les habitudes et la perception des consommateurs, et avons fait état des données de la consommation de produits bio à date et envisagé les perspectives de sa distribution en grande en moyenne surface via des marques industrielles dont nous avons interrogé la capacité à devenir grand public.

Une fois encore, l’idée était de se projeter au-delà des circuits courts et de la vente directe pour envisager la bio comme le modèle alimentaire global de demain.